mardi 24 octobre 2017

Oser vivre

Oser vivre, c'est oser mourir à chaque instant mais c'est oser également naître, c'est-à-dire franchir de grandes étapes dans l'existence où celui que nous avons été meurt pour faire place à un autre, avec une vision du monde renouvelée...

Arnaud Desjardins

lundi 23 octobre 2017

Imprégnation du silence


Mes amis, le défi fondamental consiste à entrer soi-même en révolution et à permettre qu'un être humain naisse en soi. La voie à suivre pour cela est celle de la méditation. La méditation est une attention incluant tout. Dans la méditation, le silence de l'esprit total aiguise votre être entier ; chaque cellule de l'être devient active. C'est pourquoi la totalité entrant en action et œuvrant avec le mouvement de la vie est un événement prodigieux. Quand l'esprit total devient silencieux, ce silence imprègne l'être entier. Savez-vous ce qu'est l'imprégnation du silence dans l'être ? L'imprégnation du silence dans la totalité de votre être est pure conscience. Nous n'avons pas de motifs, nous n'avons pas de buts, rien à acquérir et rien à sauver ; ainsi le mécanisme de défense ne fonctionne pas. La totalité de votre être devient consciente de tout ce qui se passe en vous et en dehors de vous, exactement depuis les orteils jusqu'à la tête. Vous devenez ainsi mouvement de conscience pure en chair et en os. Oh ! la beauté de cela.

Vimala Thakar

dimanche 22 octobre 2017

Point d'or


Nous n'appartenons à personne sinon au point d'or de cette lampe inconnue de nous, inaccessible à nous, qui tient éveillés le courage et le silence.

René Char

samedi 21 octobre 2017

La nuit dernière

Je rêve que je suis un homme
je connais son nom
ce nom est connu
ainsi que celui qui le porte

Je marche à sa suite
sur un sentier de montagne
à l'heure où le soleil
ocrifie la flore  allonge les ombres
où les oiseaux s'assemblent
en volière silencieuse

En fait je ne vois
que l'ombre du marcheur
dont j’emboîte le pas
celle-ci semble faire
le tour de la montagne
comme un long serpent noir
dont je n'aperçois ni le début ni la fin

Je croise un lièvre furtif puis un renard
quand soudain mes pieds
s'enfoncent dans la tourbe
malgré mes efforts pour m'accrocher
à quelque branchage je disparais
du paysage
l'écho n'a pas le temps de répondre
à mon cri

Je suis sous terre dans une grotte
un antre de fortune
j'avale ma peur pour ne pas être
dévorée par elle
je retiens mon souffle
tant l'air est dense
la lumière avare de ses photons
me permet à peine d'entrevoir
la silhouette de l'autre
car il est là
dans le silence
immobile

Une prière en moi
hésitante d’abord
je me cramponne à elle
comme aux grains d'un rosaire
psalmodiant chaque mot  chaque syllabe
avec une force telle
que le vertige me prend
j’ai la nausée
j’attrape in extremis contre la paroi
une racine
qui m’aspire vers la cime
dans un tourbillon de sève
de lumière et de chants d'oiseaux
puis tout retombe

lourde  sur le sol
un grand feu au centre de la grotte
une voix inconnue s'élève
emplit l'espace  l'air s'allège
je me laisse bercer

quelques plumes d'oiseaux
ornent ma poitrine

Cygne blanc

jeudi 19 octobre 2017

Noirceur de la nuit

D'éternel on ne peut rien écrire
Qui n'ait trempé dans la noirceur de la nuit

Georges Chapman

mardi 17 octobre 2017

Danse !


Danse quand tu es brisé. Danse si tu as déchiré les liens. Danse au milieu du combat. Danse dans ton sang. Danse en toute liberté.

Rûmi

dimanche 15 octobre 2017

Entre deux


Entre deux mondes, entre deux vies, je prends mes quartiers dans le silence. Je campe à l'orée du désert du cœur, j'y établis mon bivouac dans l’œil tendre du cyclone, au risque sinon d'être dispersé aux quatre coins de l'horizon. Ici seulement, je retrouve enfin la source vive où je puise la lumière qui éclaire mon regard de l'intérieur. Dans l'immobilité patiente de l'âme, je contemple la nudité de l'être : au-delà du gouffre que creuse ton absence, il y a la transparence du réel à laquelle je me lave des regrets et des espoirs qui alourdissent encore mon pas.

samedi 14 octobre 2017

De l'autre côté


J'atterris lentement de l'autre côté du miroir que me tendent les choses. Ici comme ailleurs, l'air est lumineux et cependant, derrière le jour se cachent des gouffres obscurs. Soudain, il n'y a plus de séparation. Je suis partout chez moi en autant que je plante mes racines dans la terre riche du cœur. Alors, même la nuit est fertile.

vendredi 13 octobre 2017

Je m'en vais


Il n’est plus rien là pour moi, que la lumière du jour que je bois comme je buvais à tes lèvres. Elle a désormais un goût de larmes océanes qui ne cessent de laver mon cœur au rythme des marées de l’âme. Il n’y a plus rien là pour moi puisque tu n’y es pas. De toi, je ne garde que le tremblement des feuilles au moment de dire « au revoir », quand l’air rougeoie sous la caresse de l’automne. Il n’y a plus rien là pour moi qu’une mention « inconnue à l’adresse indiquée » sur la lettre d’amour que j’avais écrit avec toi à la vie. Alors, je m’en vais en tournant résolument le dos aux années mortes pour reprendre mon bâton de pèlerin. Quelque part, tu m’attends. Quand et sous quelle forme te retrouverai-je ?

jeudi 12 octobre 2017

Essentielle errance


Il faudrait partir tous les jours pour goûter en chaque instant, à pleine bouche, en plein cœur, la beauté toujours présente. Il faudrait tout quitter sans se retourner pour entendre ce que murmure l'ombre des feuilles quand la lumière joue avec le vent dans les arbres. Il faudrait que je t'embrasse encore une fois pour tout remettre enfin à Dieu sans retour, et entrer dans l'essentielle errance.

mercredi 11 octobre 2017

Le silence assourdissant d'aimer

M'entends-tu te parler lorsque tu n'es pas là ? 
Toi qui marches dans moi ma profonde musique. 
J'écoute s'éloigner le parfum de tes pas. 
Je suis plein du silence assourdissant d'aimer.

Aragon, Le Fou d'Elsa

mardi 10 octobre 2017

Ainsi sont les choses

Ce qu'il faut c'est être naturel et calme
Dans le bonheur comme dans le malheur,
Sentir comme l'on voit,
Penser comme l'on marche,
Et lorsqu'on va mourir, se rappeler que le jour meurt,
Et que le couchant est beau et belle la nuit qui se fait...
Et que si ainsi sont les choses, c'est que les choses sont ainsi.

Fernando Pessoa

lundi 9 octobre 2017

Larmes d'or

C’est un rêve d’amour qui ne veut pas mourir. Il a ta bouche, ta voix, tes yeux, et j’y retrouve la douceur de ta peau, ton parfum qui m’émeut. Je le prends dans mes bras comme un fantôme malhabile qui hésite à se dissoudre dans la lumière du matin. Lentement, il fond en larmes d’or liquide que je recueille patiemment pour repeindre l’océan qui nous sépare désormais. Enfin, j’ouvre la cage de mon cœur pour le laisser s’envoler, bel oiseau libre qui ira embrasser le soleil de ma part, avec gratitude.

dimanche 8 octobre 2017

Étoile qui danse


Il faut porter le chaos en soi pour mettre au monde une étoile qui danse.

Frédéric Nietzsche

samedi 7 octobre 2017

Si je peux

Si je peux empêcher un Cœur de se briser
Je ne vivrai pas pour rien
Si je peux soulager une Vie de la Souffrance
Apaiser une Douleur
Ou aider un Rouge-gorge affaibli
A regagner son Nid
Je ne vivrai pas pour Rien.

Emily Dickinson

vendredi 6 octobre 2017

jeudi 5 octobre 2017

Mourir les yeux ouverts

Jour après jour, méthodiquement, je descends pas à pas dans le gouffre où je disparaitrai bientôt de moi-même. Je quitte hier et tout ce que j’ai été, tout ce que j’ai aimé. Je me dépouille de demain, de l’espoir et du désespoir. C’est mourir avant de mourir, les yeux ouverts sur la transparence de l’être. Il ne demeurera que la lumière…

mardi 3 octobre 2017

Ténèbres de la puissance

Le pouvoir n'est pas mauvais parce qu'il exercé par de mauvaises personnes, le pouvoir est mauvais par principe. Ou plus exactement : le pouvoir est toujours une puissance spirituelle ténébreuse qui s'exerce sur nous. On n'obtient jamais le pouvoir, c'est toujours le pouvoir qui nous obtient. Plus un homme croit avoir le pouvoir, plus il appartient aux ténèbres. Plus un homme se croit puissant par rapport aux autres, plus il dépend d'une puissance supérieure dont il est l'esclave. On ne se libère jamais de la servitude en devenant le maître d'autres hommes. On se libère de la servitude en libérant d'autres hommes.

Pacôme Thiellement, La victoire des sans-roi

lundi 2 octobre 2017

Stylo oiseau

Je me suis endormie autour de mon stylo.
La tête pleine de rires et de corps ondulant en délire, 
je me suis laissée porter par l'oiseau.
Secousse sismique, contrastes scintillants du profond de moi qui m'ignore.
Il m'avale puis me recrache 
entre l'eau et l'écorce où il mouille sa plume.

Ainsi s'écoule mon temps, 
au royaume des songes et vertiges foisonnants.

Sarabacha

dimanche 1 octobre 2017

Aube morte-née

Je manque de poésie comme le poisson échoué sur le sable manque d'oxygène. La déesse s'est enfuie avec ton sourire et moi, je coure derrière en pleurant dans la nuit. Le feu qui me consume n'a plus rien d'éclairant; il rougeoie comme un matin brisé en-deçà de l'horizon, aube morte-née qui se laisse tenter par l'abîme. Tu piétines l'amour au nom de ton ciel mais bientôt le ciel t'engloutira et l'amour survivra, phœnix de mes jours. Il refleurira sans toi.

samedi 30 septembre 2017

vendredi 29 septembre 2017

mercredi 27 septembre 2017

Nuit noire

Le cœur et l'esprit vides,
Habités par la seule Présence,
J'avance sûrement vers le matin.
Qui sait de quoi ce jour sera fait ?

mardi 26 septembre 2017

Creuset de l'amour


J’ai placé le creuset au feu de ma forge.
L’or étincelant n’a plus de scories.
Comme une fine pellicule de glace,
J’ai fondu au feu de l’amour.
Le soleil s’est levé, et moi, Lalla,
J’ai trouvé la félicité lorsque je me suis souvenue
Que je n’étais rien d’autre que Ton nom.

Lalla

lundi 25 septembre 2017

Démesure d'amour

Celui que l'Amour conduit à son achèvement
Doit parcourir de vastes étendues,
D'âpres sommets et des gouffres ;
Au plus fort des orages il cherchera son chemin
Afin d'être initié à son mystère:
Qu'il faut consentir au désert sans limites,
Cheminer sans repos par des plaines arides
Et se meurtrir aux arêtes
Des versants et des cimes;
Ou encore braver les torrents
Des abîmes sans fond
Afin de conquérir l'Amour
Par démesure d'amour.

Hadewijch d'Anvers

samedi 23 septembre 2017

Signes sur le sable


Un homme qui passait un jour dans le désert,
Vit Majnun assis là, tout seul en son désert.
Utilisant son doigt tel un qalam,
Il traçait des signes sur le sable.
« Ô toi, le fou d’amour, mais que fais-tu donc là ?
Ces mots que tu écris ? A qui les destines-tu ?
Sais-tu que tout cela que tu peines à écrire
La tempête et le vent vont bientôt les détruire ?
Vit-on jamais des mots perdurer sur le sable ? »
Majnun répondit : « Je décris la beauté de Leyli
Pour consoler mon cœur de sa beauté épris
J’écris d’abord son nom, parce qu’elle est une absence
Je compose une lettre d’amour et de constance.
Je n’ai rien d’elle si ce n’est son nom,
Et ce nom m’a fait être
A celle qui a Leyli pour nom, comme je n’ai pu goûter
Je fais l’amour avec son nom.
 »


Jâmî 

vendredi 22 septembre 2017

Jubilarium


À l'occasion de mon prochain retour en Europe pour une durée indéterminée, j'ai décidé de marquer la fin de cycle que manifeste cette étape de ma vie en compilant l'ensemble des poèmes que j'ai publié ici jusque maintenant dans un eBook PDF. Vous y trouverez aussi quelques inédits, et chaque texte présenté est accompagné par un petit commentaire qui le met en perspective du mouvement intérieur que la poésie a accompagné.

Pour le télécharger, cliquez sur ce lien : Jubilarium.

Un pas dans le vide

Il n'est plus rien à faire que d'avancer, un pied devant l'autre - un pas dans le vide, le cœur et les yeux ouverts pour traverser le vertige. Il faut lâcher toutes les mains pour s'envoler jusqu'aux étoiles. Il faut tout quitter sans recours pour se retrouver. Mais c'est toujours la même flamme en dedans qui guide - là-bas, par-delà l'océan miroitant, comme un soleil dansant sur l'horizon : ton sourire radieux.

mardi 19 septembre 2017

Essence de la vertu


Sans amour, vous aurez beau faire — courir après tous les dieux de la terre, prendre part à toutes les activités sociales, tenter de remédier à la pauvreté, entrer en politique, écrire des livres, écrire des poèmes — vous ne serez qu'un être mort. Sans amour, vos problèmes iront croissant et se multipliant à l'infini. Mais avec l'amour, quoi que vous fassiez, il n'y a plus de risque, il n'y a plus de conflit. L'amour, alors, est l'essence de la vertu.

Krishnamurti

lundi 18 septembre 2017

Ma ville


Je te quitte à petits pas, ma ville. Je n'aurais jamais cru que je t'avais autant dans la peau avec tes arbres lumineux, tes rues ouvertes comme un regard fenêtre sur l'espace, ton mont royal de vie sauvage qui pulse comme un cœur, ton été qui n'en finit pas. Il y a tous ces gens, connus et inconnus, que j'emmène dans mon envolée vers l'ailleurs, avec leur gentillesse décontractée, leurs rires et leur chaleur accueillante. Il y a l'hiver aussi que je n'oublierai pas, la parure que te fait la glace froide dans laquelle tu scintilles et te refais une beauté. Je te serai infidèle encore une fois, et cependant je te reviendrai, comme toujours, car c'est ici que mon âme a planté ses racines et qu'elle a appris à aimer la terre.

samedi 16 septembre 2017

Une étoile

Assise
     dans l’immense cité
           immobile  
             posée

le monde là bas  continue 
          de tourner

              silence
      le clap des ombres
et des  lumières rythme la scène
       terre   lune   soleil

   je ne suis qu'une étoile
                  fixe
        on me confond
       dans la multitude

            si je tombe
quelques uns s'exclameront
              un vœux

    on veut être une étoile

          attrapez moi
     courrez vers l'infini
             je suis là  
                         immobile
              tremblante

    j'attends    ma chute

         je t'attends

Cygne blanc